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13 juin 2008 5 13 /06 /juin /2008 21:54


En 1986 sort PLATOON d'Oliver Stone ;un film autobiographique sur la guerre du Vietnam. Un jeune idéaliste se rebellant face au futur que lui proposent ses parents découvre le bourbier vietminh. Dans ce film l’interventionnisme US est critiqué mais semble moins virulent que SALVADOR sorti un an plus tôt. En fait Dans PLATOON,O. Stone s’attache plus aux rapports et aux émotions des personnes pour nous montrer la réalité. L’ennemi se trouve peut-être dans son propre camp ? D’ailleurs Taylor partait la fleur au fusil il en ressortira métamorphosé mais il aura mûri. L’accroche du film “The first casualty of war is innocence” est parfaite. On pourrait penser que ce film parle des désillusions dus à notre entourage mais aussi de son pays sûrement traité dans NE UN 4 JUILLET que je n’ai pas vu.

Mais revenons sur WALL STREET. Après avoir obtenu l’ oscar du meilleur réalisateur et bien d’autres récompenses début 1987 pour PLATOON le réal se penche sur le monde des finances. La trame semble être la même que celui de son film précédent. Il propose aussi une analyse du rêve américain avec sa ville symbole New York.

Résumé

Un jeune courtier en bourse Bud Fox, ambitieux, arrive à convaincre le magnat des finances Gordon Gekko d’être son client. Le prenant sous son aile le maître apprendra à son élève les secrets du système et notamment l’importance de l’information privilégiée et de l’espionnage industriel.

La génèse

Après les oscars de 1987 Oliver Stone cherchait à retourner vers ses racines et aussi New York d’ou il est originaire. Son père Louis Stone était un courtier en bourse. Il travailla toute sa vie à Wall Street. Même le réal. a connu l’effervescence des marchés boursiers. Grâce à son père il travailla à 18 ans à la bourse de Paris ou il vendait / achetait du sucre et du cacao. Cette expérience sera bénéfique pour la préparation du film. En plus de proposer un thriller financier, le réal nous montre l’évolution de Wall Street : ce sont les jeunes loups qui commencent à apparaître et ils viennent d’horizons différents. Cette époque est aussi très bien décrite dans AMERICAN PSYCHO. D’un autre Il n’hésite pas à parler des relations père/ fils tout en rendant un hommage à son père.

Le scénario

C’est en rencontrant Stanley Weiser qu’Oliver Stone co-écrira le brillant scénario du film. Il s’informera sur le nouveau Wall Street et ses techniques. C’est bien simple on est projeté dans le monde des finances comme un touriste. Le message est clair : voilà comment ça se passe.
De plus les 2 scénaristes ont donné une touche très new-yorkaise avec des répliques géniales « Knicks and Chips » mais aussi l’intensité et le rythme frénétique des conversations : comme un direct en boxe. Tout doit aller vite. Un ami aux USA m’avait raconté une anecdote sur les horaires de travail dans Manhattan. Des personnes travaillaient comme des bœufs (pas loin de 100 h par semaine voir plus) pendant plusieurs années pour amasser du pognon et travailler plus tranquillement. Et la phrase est connue si tu réussis à New York, tu peux réussir partout.

Dans WALL STREET il y a aussi des passages de L’ART DE LA GUERRE de Sun Tze « Every battle is won before is even fought ». La guerre économique a remplacé la guerre traditionnel. Chacun se bat en utilisant l’intelligence, la ruse, la fermeté et la ténacité comme le rappelle Gérard Chaliand dans la préface du livre.
De plus en situant l’histoire en 1985 le film se déroule en plein période de reaganisme, période de récession économique et début des coups de poker à la bourse. Ce qui ne fait qu’anticiper ce qui se passera plus tard avec les fusions, rachats et malheureusement les licenciements. On est passé au capitalisme patrimonial ou ce sont les actionnaires qui détiennent le pouvoir. Cette période sera marqué par les délits d’initiés et dans la décennie suivante des détournements de fonds.

Petite définition du délit d’initié :
« Est défini par l’article 10.1 de l’ordonnance de 1967 comme le fait pour les dirigeants d’une société et pour les personnes disposant , à l’occasion de leur fonctions, d’informations privilégiées sur les perspectives ou la situation (de la société), de réaliser ou de permettre sciemment de réaliser, soit directement ou par tiers interposé, une ou plusieurs opérations avant que le public ait connaissance de ses informations. »

Le casting

Charlie Sheen reprend son rôle de jeune similaire à PLATOON sauf qu’il se bat dans une jungle urbaine. Il doit se faire un nom aussi bien pour lui, pour ses collègues et son père.
Oliver Stone demandera à C. Sheen de choisir entre 2 acteurs pour jouer son père Carl Fox. Ce sera soit Jack Lemmon ou Martin Sheen. Il choisira son vrai père. Ce qui amènera des scènes poignantes.
Pour interpréter Gordon Gekko le réalisateur choisira en premier Richard Gere que l’acteur refusera. Un regret que l’acteur exprimera au réal des années plus tard. La Fox proposera Micheal Douglas contre Warren Beatty pour Oliver Stone. La connaissance de Michael Douglas sur les marchés financiers et ses contacts lui permettra d’obtenir l’un de se meilleurs rôles et de montrer tout son talent grâce au réalisateur qui le poussera. Ce rôle sera un tournant dans la carrière de l’acteur (oscar du meilleur acteur) puisqu’il enchaînera des personnages dramatiques et imprévisibles comme la même année OBCESSION, puis BLACK RAIN, BASIC INSTINCT, CHUTE LIBRE, THE GAME…

Darryl Hannah Martin et Charlie Sheen

Le reste du casting est complété par Darryl Hannah (assez mimie) mais dont le rôle semble avoir été le moins développé et qui manque peut être de profondeur. Mais bon elle ne fait pas potiche non plus. Je me souviens de son rôle de sirène dans SPASH. Cuentin lui permettra d’interpréter la redoutable Elle Driver dans KILL BILL. Sean Young interprète la femme de Gordon Gekko : Kate. L’actrice n’a pas hésité à dire qu’elle jouait le rôle de Darren. Bonjour l’ambiance. Le tout jeune James Spader interprète Roger Barnes : avocat d’une grande compagnie et ancien camarade de promo de Bud Fox. Terence Stamp est Sir Larry Wildman : adversaire de Gordon Gekko. Puis nous avons Hal Holbrook qui interprète Lou Manheim : hommage au père d’Oliver Stone aux conseils avisés. Enfin il ne faut pas oublier l’éternel second rôle de beaucoup de films d’O. Stone : John C Mc Ginley : connu des aficionados de SCRUBS (Pacboy, Zeke, Tib) mais aussi du Sgt O’ Neal dans PLATOON avec la VF de Patrick Poivey qui balancera le mythique « Les prétextes c’est comme les trous du cul, tout le monde en a un ». Dans WALL STREET il est Marvin le collègue de Bud. Il jouera dans TALK RADIO, NE UN 4 JUILLET, NIXON, L’ENFER DU DIMANCHE. Il donnera un rôle de courtier au vétéran du Vietnam Chuck Pfeifer.

L’équipe

En s’entourant de ses fidèles collaborateurs dont il n’hésite pas à féliciter leur travail dans le commentaire audio, Oliver Stone retrouve son directeur de la photographie Robert Richardson. Ils seront ensemble de SALVADOR à U-TURN. Et on peut dire que son boulot a été grandiose. Avec son équipe il élaborera des plans séquences géniaux (l’arrivée de Bud au bureau, la lever de soleil, la fin) permettant de saisir la frénésie des échanges boursiers (filmer dans le NYSE, les plans dans les bureaux) et de la ville mais aussi les scènes les plus intimes ou sensibles (hôpital, dialogues dans l’ascenceur). Le producteur du film Eward R. Pressman permettra au réalisateur de construire des décors (le bureau Jackson & Stein) mais aussi de donner une vision réaliste (cours de la bourse qui défilent). Et puis que dire des costumes surtout ceux de Gordon Gekko très classes d’Ellen Mirojnick. Les costumes différenciant chaque personnage et montrant leur évolution dans l’histoire. On pourrait opposer les 2 acteurs Martin Sheen / Michael Douglas : cols bleus contre cols blancs.

Buddy Fox : 3 pères

C’est Charlie Sheen qui conseilla à O. Stone de choisir ce prénom. Le prénom et le nom résume bien la personnalité du jeune homme. Buddy signifie sympa et veut dire pote. Fox veut dire renard : donc malin.
Bud est en fait un jeune courtier issu du Queens. Son père travaille au service maintenance d’une compagnie aérienne. Il fera face à 3 visions paternels : Carl Fox, Gordon Gekko et Lou Mannheim. Il trahira son père 2 fois quand il révélera l’information et quand Gordon voudra revendre en petite pièce la compagnie faisant une plus value énorme. Son but était-il de détruire Bluestar dés le début ?

Le rêve américain

Bud Fox veut tout faire comme son modèle Gordon Gekko. Il part de rien pour arriver a voir grand. Mais il ne peut y arriver aussi facilement. En donnant un coup de pouce à son destin il révèle une information confidentielle et c’est à partir de ce moment qu’il vend son âme au diable. Gordon Gekko est un vendeur né avec un instinc de tueur mais ses techniques sont illégales : espionnage, récupération d’informations confidentielles, chantage Le rêve est à ce prix semble t-il.

Gordon et Bud

Oliver Stone parvient à montrer l’envers du décor de Manhattan. Il met en avant l’envie de réussir (photographie dorée pour les levers et couchers de soleil : la fortune sourit-elle à celui qui se lève le plus tôt ?). et là ou il est excelle c’est durant les premières minutes. En mettant FLY ME TO THE MOON de F. Sinatra. Il oppose la vision romantique (touristes et immigrants) que nous avons de New York et donc du rêve américain face à la dure réalité. Au fûr et à mesure le rythme s’accélère. Nous suivons Bud Fox partant au boulot, compressé dans le métro, les élévators, l’ascenceur etsurtout un plan en contre plongée ou la caméra est posée par terre montrant une vue vertigineuse des buildings. Rien ne le distingue des autres. Il doit réussir pour devenir comme son modèle Gordon Gekko afin de se faire un nom et donc gagner une plus grande place (bureau perso.).
Le réal n’hésite pas à montrer la différence du niveau de vie : quqnd il film des clochard (Bud lisant le Wall Street jouranl annonçant que Bluestar est exonéré, quan il quite le bureau de Roger Barnes)

Cols bleus contre blancs

Bud Fox doit faire face à 2 visions paternels : son père mécanicien et syndicaliste (tendance démocrate) et Godron Gekko investisseur (capitaliste). Au moment ou Bud révèle l’info sur Bluestar on sent que les 2 pères peuvent difficilement s’entendre (Gordon hait les syndicats) et Carl Fox s’inquiète pour son fils (il fume quand il le voit) et ne comprend pas son choix de métier même si il aime son fils. Il n’approuve pas son métier (dialogue dans le bar). Néanmoins les 2 pères s’opposent aussi à leur motivation. Godron cherche le pouvoir, ou une ascencion infinie qui ne peut s’arrêter « je n’ai rien crée je possède » contre « crée au lieu de vivre sur la vente et l’achat des autres » pour son père.

If you're not inside you're outside

A l’opposé il y a la 3ème figure paternelle Lou Mannheim prodiguant des conseils que n’écoutent pas Bud. Lou a une expérience, bien que froid et sérieux il prodigue des conseils à Bud «Le problème avec l’argent c’est que ça te fait faire des choses que tu ne veux pas faire. » comme un père donnant des conseils à un fils qui ne l’écoute pas. Si bien que quand il se fera arrêter par la SEC Bud s’en rendra compte trop tard.
Bud trahira ses 2 pères. Tiraillé par ses liens familiaux et son ascension il ne sera plus dans un rêve lorsque Gordon le trahira et que son père fera une crise cardiaque. Ces 2 actes peuvent être interpréter comme un rappel l’ordre de Lou.

On en sort grandit

L’aventure de Wall Street permettra à Bud d’avoir une expérience sur sa propre personnalité. Se posant la question qui est-il ? Etait-il prête à trahir son père et ruiner une compagnie pour suivre Gordon ? Je pense comme le rappelle O. Stone que Bud savait vers quoi il s’engageait quand il a révélé l’info sur Bluestar. Il s’est laissé emporté. Pour être aller trop loin il devra aller en prison, le prix à payer comme le dit Carl Fox. Il sait qu’il s’est fait utiliser. En fin de compte le début et la fin du film se ressemble : Bud reste une personne qui fait parti du système capitaliste. Comme disait Tyler Durden « Ce n’est qu’après avoir tout perdu que tu es libre de recommencer ».

Gordon Gekko : modèle ou vilain ?

L’influence de WALL STREET est énorme. Même si le film a eu un petit succès, il s’est forgé une réputation au fil des années. Dans LES INITIES les jeunes loups citent les passages de leur modèles G. Gekko (« greed si good »). La performance de M. Douglas poussait par son réal lui permettra de gagner l’oscar du meilleur acteur en 1988.

Greed is good

La personnalité du requin est assez ambiguë comme le rappelle O. Stone on admire mais on déteste Gordon Gekko. En appliquant les principes de Sun Tse sur l’art des affaires face à ses ennemis, Gordon pourrait être une métaphore du système capitaliste US. Ce système pourrait fonctionner un certain temps mais son hégémonie ne serait pas intemporelle. Si je faisais de « l’anti-américanisme secondaire » je dirais que les « états-uniens » seraient tous motivés par le pouvoir et le contrôle. Oliver Stone n’avait-il pas écrit pour SCARFACE « Dans ce pays il faut de l’argent. Une fois que t’as l’argent t’as le pouvoir. Une fois que t’as le pouvoir t’as les femmes. ». Le pouvoir ou plutôt le contrôle n’est-ce pas le souhait de Gordon ? Ce ne sont plus les lois qui régulent le monde mais le jeu de l’offre et de la demande.

Mais Gordon n’est pas immortel. A 2 reprises Oliver Stone fera baisser la lumière sur Gordon pour d’une part faire apparaître son côté sombre quand il encourage Bud à le rejoindre en lui demandant de lui apporter des infos et de ne pas la deviner. Puis à la fin quand il rachète les actions Bluestar on ne voit plus son visage ni son corps, il devient tout noir : son heure de gloire est terminée.

Avec WALL STREET Oliver Stone démontre qu’il peut faire un film prenant, une critique du système et un thriller financier. Un classique 3 films brillants. Je trouve dommage que ce film n’est pas été nominé pour d’autres catégories (meilleur scénario entre autres).

A noter que Martin et Charlie Sheen se renverront la balle de leur films sur le Vietnam dans l’hilarant HOT SHOTS 2 « tu étais épatant dans Wall Street » et qu’ils ont joué dans un autre film les rôles père/fils dans ONDE DE CHOC édité chez Metro Tib

Le réal fait aussi une petite apparition au moment ou l'écran se disie en plusieurs parties.
J’avoue de O. Stone je n’ai vu que SALVADOR, PLATOON, TUEURS NES : du pain sur la planche.

Et pardon pour les oublis

Sources : Commentaire et documentaire du DVD WALL STREET
L’ART DE LA GUERRE de Sun Tze, éditions. pocket

Lien

très bon site de fan en anglais

Musique du générique de fin

 


talking heads
envoyé par milshakecoco

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Published by Oreo33
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