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5 août 2013 1 05 /08 /août /2013 16:30

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Loué soit le Professeur de m'avoir proposé de découvrir le dernier film de Sean Ellis. Et honte sur votre serviteur de ne pas avoir vu les précédentes œuvres du cinéaste (courts et longs inclus).

 

 

Synopsis :

Aspirant à une vie meilleure, Oscar Ramirez et sa famille quittent les montagnes du Nord des Philippines pour aller s'installer à Métro Manila.

Proie idéale de cette ville impitoyable, Oscar va devoir tout risquer pour les siens.

 

 

En voyant l'affiche du film je pensais tomber sur un film d'action bourrin mâtiné de polar ou de gangster comme  TROUPE D'ELITE 1 et 2, LA CITE DE DIEU ou THE RAID (le look des costumes des convoyeurs). Tout le contraire car METRO MANILA

commence comme une critique sociale féroce pour finir comme un polar fataliste et une description de la ville Malienne pessimiste.

 

 

Pour THE RAID le gallois Gareth Evans avait filmé des combats violents avec une histoire pas follement originale mais avec résultat ultra jouissif tout en montrant l'art du Silat dans un film réussi.

A contrario, Sean Ellis s'efface moins que son collègue gallois pour filmer la tentaculaire Manille comme un documentaire. Mais le cinéaste heureusement fait preuve d'une retenue

dans le jugement de ses personnages et laisse le spectateur se faire son propre avis. Ainsi au fur et à mesure du film on ressent de l'espoir, de la colère, de la peur, du stress, du désespoir.

Et tout cela en gardant la même manière de filmer. Ce qui montre le fin découpage et la mise en scène aussi discrète qu'efficace de Sean Ellis. Sans oublier la musique de Robin Foster épousant parfaitement

l'ambiance de la ville voulue par le cinéaste.

 

La Cité de dieu

 

A l'origine du projet, Sean Ellis voulait "tourner un film en langue étrangère car j'ai toujours eu l'impression que tourner un film en anglais me limitait."

Je précise que je n'ai pas vu le court, les longs et les photographies de Sean Ellis. Mais revenons au film. En 2008, le cinéaste se rendit à Manille. Pendant son séjour, il fût témoin d'une "rixe d'une violence inouïe entre deux convoyeurs de fond."

Une scène qui le marquera à telle point que le réalisateur partira de ce point de départ pour en faire un film."Au cours des mois qui ont suivi, j'ai commencé à écrire un traitement, convaincu que je reviendrais tourner très vite. J'ai rapidement cherché des financements, persuadé que je pouvais faire ce film pour presque rien. Mais il s'avère que peu de gens sont prêts à financer un film qui coûte moins d'un million de dollars." Il se fera aider par Frank E. Flowers pour l'écriture du scénario.

On aurait peine à croire que le projet du cinéaste refroidisse les producteurs frileux des projets un tant soit peu originaux. Le projet sera même présenté à Ridley Scott. Finalement ce sera via une compagnie indépendante que le projet aboutira.

 

2 précieux alliés auront permis au réalisateur de commencer le film : Tout d’abord : Céline Lopez (sa productrice) et Jake Macapagal (acteur et co-producteur du film) qui présentera des comédiens à Sean Ellis à Manille. Un séjour qui permettra aussi de "s'imprégner des ambiances de rue, comprendre la géographie de ville. Je ne voulais pas qu'on puisse se dire "qu'est-ce que cet anglais connait de Manille" ?"

Le tournage se déroulera sur 30 jours avec une petite équipe. Je pense que l'équipe a réussi a instauré une bonne ambiance sur les différents lieux de tournage et a réussi à s'entendre avec les philippins et surtout les autorités. Au vu du sujet et de l'ambiance fataliste du film c'est presque surprenant qu'il n'y ait pas eu de soucis. Mais METRO MANILA est plus une œuvre sociale que politique.

 2003

 

 

Un pour tous Tous Pourris

 

Le film commence doucement avec ces magnifiques plans sur les rizières du Nord des Philippines le tout accompagné du superbe morceau ".." Un thème qui reviendra souvent dans le film. Il inspire plein de douceur, de mélancolie et d'espoir à l'image d'Oscar et Mai. Le couple et leur enfants fuyant la campagne pour tenter leur chance dans la capitale.

L'arrivée dans Manille sera pour la famille un éblouissement au début (les visages souriants et remplis d'espoir) ou tout deviendra possible (l'accès à l'eau courante, aux soins) et surtout des meilleures conditions de vie. Ainsi une scène très touchante d'Angel (la petite fille d'Oscar et Mai) se balade avec ses parents et son frère dans la ville peu après leur arrivée. Ils s'arrêtent devant l'Hôtel Peninsula et sa très belle façade. La fille demandant si c'est le paradis; elle demande à son père si il ira aussi à cet endroit. IL lui répond en lui montrant le cœur de sa fille. Une scène très tendre montrant Oscar et Mai dans un moment d'intimité sous la douche.

 

 

Le film de Sean Ellis montre  Manille comme une plante vénéneuse. Ainsi au début, la ville est se montre très attrayante (les plans sont souvent en contre plongée sur les visages de la famille). Mais peu à peu le piège va se refermer sur eux à cause de ses habitants. Ainsi au 1er plan les personnages seront nets mais le second plan sera floue montrant la solitude de ces derniers mais aussi une voie-sans-issue.

Il faut dire que le film montre un aspect peu flatteur des habitants. Quand la famille arrive, ils se font floués (perdant leur maigres économies sur le coup) par un gars qui a loué un appartement déjà pris, un collègue qui a bossé sur un chantier avec Oscar ne se souvient même pas de lui, la première paie est en nourriture, Ils vont vivre dans un bidonville, Mai se fait embaucher comme strip-teaseuse dans un bar (elle doit aussi y emmener ses enfants, les laissant dans la loge).Oscar va finir convoyeur de fond (aussi dangereux que sa femme).

Pourtant Oscar et sa femme sont lucides et le font pour leur avenir mais surtout leur enfants.

 

Une scène particulièrement marquante sera celle du 1er soir de Mai et de Oscar. Les collègues d'Oscar l'invitent à une soirée pour "se cuiter" pendant que Mai fait "son show". Le montage montrant l'expression des 2 personnes pas du tout à leur aise. Oscar se mettant à pleurer et simulant un malaise pour aller s'isoler pendant que se femme se défend comme elle peut pour refuser les avances et attouchement d'un homme dans le bar à strip-tease.

La froideur des rapports est visible aussi avec la chef Charlie, responsable du bar. Elle se montre particulièrement dure et irrespectueuse envers Mai lors de l'embauche. Elle lui demande d'enlever son haut pour voir son corps. "Ce n'est pas une laiterie" balancera t-elle. Plus tard, elle proposera même à la fille de Mai de satisfaire des clients spéciaux. Glup. Cela prouve la cupidité et surtout que Charlie et ses "drôles de dames" (pardon c'était naze) ne pense qu'au gain (faire boire le client).

 

 

3003 

 

Training Month

 

A contrario Oscar devra faire un des métiers les plus dangereux au monde. Le dépot ressemblant plus à une poste militaire avec son chef ressemblant à un mafieux. Ce personnage est excellent dans son introduction. Il adore les blagues et se fait surnommer Buddha (clin d'œil à sa petite statuette et le fait qu'il adore rire).

C'est surtout la présentation de Ong qui va faire basculer le film dans une autre ambiance. Le film commençait comme drame sur les difficultés d'insertion, puis va prendre les allures d'un polar sec comme le chef-d’œuvre d'Antoine Fuqua (Training Day). Ong jouant à la fois le mentor, le grand frère mais aussi un rôle plus ambigu.

Les rapports entre Oscar et Ong devenant de plus en plus intenses. La plupart d'entre eux sont filmés dans le fourgon.

"Il y a d'ailleurs beaucoup de scène dans TRAINING DAY qui se passent dans la voiture du personnage principal..."  "Or ces scènes donnent un rythme particulier au film, et cela nous a influencés en partie dans la manière ou le film est construit."

Je trouve le personnage de Ong excellent. L'acteur comique au début du film devenant de plus en plus charismatique et inquiétant. Sans trop en dévoiler bien sûr. ;-)

 

 

La musique adoucit les mœurs

 

Ong le dira à son collègue entre 2 livraisons qu'il aime la musique classique car « elle nettoie l'âme ». Ici point de partitions bourrines. On a droit ainsi dans les classiques à 2 morceaux de la cantatrice Maria Callas : Ebben Ne Andrò Lontrana et O Mio Babbino Caro

La composition de Robin Foster ajoutera beaucoup de douceur, de mélancolie, de rêve rappelant celle de Yann Tiersen  (Leaving Banaue) mais aussi de stress (Hold the Run) rappelant  celle du duo Hans Zimmer sur celle de TDK "Why So serious".

Le compositeur n'hésitant à varier ses partitions, tout en gardant par moment des notes du thème principal. Point d'orgue (sans jeu de mots), le morceau final de toute de beauté de ...

 

 

 6006

 

 

METRO MANILA est une œuvre d'une rare pertinence. Le scénario réservant de belles surprises, allant autant dans le drame, le polar, l'amour.  Il montre surtout une solitude des personnages, devant se débrouiller seuls et faisant des actions contre leur valeurs pour s'en sortir. La religion a aussi de l'importance dans le film. Et la comparaison entre l’histoire d’Alfred Santos et Oscar Ramirez est intéressante.

Sean Ellis et son équipe ont apporté un regard non distancié, touchant mais froid sur Manille. Un film fataliste mais avec une lueur d'espoir si mince soit-elle. Un film se déroulant à la fois comme un rêve et un cauchemar éveillé à l'image des rares plans optimistes du soleil au matin.

 

Merci à la société Haut et Court d'avoir diffusé ce superbe film : prix du public à Sundance. La société audacieuse avait distribué LOST IN LA MANCHA, BLOODY SUNDAY, OMAGH, THE CHASER, INSIDE.

 

 

Désolé de ne pas trop en dévoiler sur l'intrigue mais la surprise compte beaucoup.

La langue utilisée est très intéressante aussi : des mots en anglais, espagnols ou portugais. ;-)

 

 

Sources : Dossier de presse du film.

http://www.hautetcourt.com/film/fiche/203/metro-manila

 

Lien : extrait de la BO du film

http://www.amazon.fr/Manila-Original-Motion-Picture-Soundtrack/dp/B00D2L4XP2

 

la superbe bande-annonce :

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19533624&cfilm=215337.html

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Published by Oreo33
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commentaires

Mr Vladdy 05/08/2013 22:33

Ah le plaisir de retrouver tes sources (sources que Allociné ne cite pas ^^) mais surtout quel plaisir de relire ton blog :)

Bon pour ce film je ne partage pas ton point de vue même si je le comprends et que je trouve quand même le film pas mal. C'est juste que ce n'est pas la claque que j'espèrais que ce film qu'on
aurait pu intituler "VDM, le film" :P

Qouiqu'il en soit, j'ai pas vu "The broken" qui me tente beaucoup pourtant mais dans un autre registre je te conseille "Cashback" (court et long) que j'ai beaucoup plus aimé déjà et que je
reverrais bien ;)

Oreo33 14/08/2013 14:56



Lol.


 


Idem, mais dixit le Professeur il s'est pris une claque. ^^


VDM c'est fort quand même. ;-)



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