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5 février 2014 3 05 /02 /février /2014 23:56

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En faisant jouer ensemble les deux acteurs principaux de POUR ELLE et A BOUT PORTANT, Fred Cavayé signe un film ultra efficace : symbiose entre ces 2 précédents longs. La Classe ! Et en plus le film est une tuerie. ^^

 

Synopsis

 

Flics sur Toulon, Simon et Franck fêtent la fin d'une mission. De retour vers chez eux, ils percutent une voiture. Bilan : deux victimes dont un enfant. Franck est indemne. Simon, qui était au volant et alcoolisé, sort grièvement blessé . Il va tout perdre. Sa vie de famille. Son job de flic. Six ans plus tard, divorcé de sa femme Alice, Simon est devenu convoyeur de fonds et peine à tenir son rôle de père auprès de son fils Théo qui a désormais 9 ans. Franck, toujours flic, veille à distance sur lui. Lors d'une corrida, le petit Théo va être malgré lui le témoin d'un règlement de compte mafieux. Très vite, il fera l'objet de menaces. Simon va tout faire pour protéger son fils et retrouver ses poursuivants. Le duo avec Franck va au même moment se recomposer. Mais ce sera aussi pour eux l'occasion de revenir sur les zones d'ombre de leur passé commun.

 

 

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2 ans et demi ; c’est la durée pour que ce projet se concrétise. Patiemment initié par Fred Cavayé et son équipe le film sort sur les écrans ce jour.

Et c’est un grand merci qu’on peut dire à l’équipe d’avoir secoué le cocotier dans une production française sclérosé par le même type de films. MEA CULPA tape dans la fourmilière avec un entrain mais aussi une modestie qui fait plaisir à voir. Un vrai bon cinoche populaire, généreux, émouvant.

  

D’une durée courte (1h30, Pour Elle faisait 1h36; A Bout Portant 1h25), le film commence tout doucement par un flashback lyrique calme sur une plage. Le 1er plan étant net et l’arrière plan flou, ce qui met bien en avant les personnages et surtout leur actions : leitmotiv de l’histoire qui va suivre.

 

Absence d’ironie mais surtout d’explication, le ressenti des personnages passent par leur action, leur regard aussi et non par les dialogues. Le fait d’avoir une économie de dialogues permet aussi d’admirer le superbe jeu des comédiens et de la photographie renvoyant à une ambiance de rêve ou de cauchemar par moment. Un peu comme celle du pas assez connu METRO MANILA. L'esthétique est surprenante aussi pour un film français. Ce résultat, on le doit au formidable directeur de la photographie Danny Elsen (qui a éclairé DEAD MAN TALKING). Une prise de risque du réalisateur.

« Je voulais vraiment rompre avec l’esthétique du polar français, avec cette image désaturée que j’avais en effet adopté pour mes deux précédents films, pour aller vers l’opposé, vers des images très saturées. Cela donne quelque chose de plus ludique, de plus graphique, avec un visuel presque surréaliste par instants."

Ce jeu des couleurs (la boite de nuit et sa poursuite) et d'ombres (plan sur les miroirs au début, la scène des anciennes halles...).

 

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Avec un découpage minitieux, le film commençant comme un drame, voir un polar rappelant l'ambiance de Narc par sa noirceur va bifurquer après la découverte de Théo du meurtre vers des film aussi réussis que SAFE ou LA PEUR AU VENTRE (2 films d'actions durs mais dont les personnages sont attachants). C'est ainsi que le passé de Simon et Franck est à peine évoqué. Les indices sont révélés pendant l'intrigue. Le montage

C'est ainsi que les décors jouent une place importante dans MEA CULPA. Loin d'être un lieux sans âmes remplissant l'écran pour avoir un joli fond ou pour avoir un joli décor de salon, ils montrent un quotidien réaliste avec à chaque fois l'avantage et l'inconvénient pour les personnages lors des scènes d'action (l'arène, la boite de nuit, l'entrepôt, la poursuite, le TGV). Le film est bourrin.

Je me demande si la poursuite après l'arène n'est pas un clin d'oeil

 

 Voulant rendre hommage aux duos légendaires du ciné comme Borsalino ou les buddy movies (l'humour en moins), Fred Cavayé a donné toute sa confiance à Vincent Lindon et Gilles Lellouche. Les 2 acteurs ont eu plusieurs blessures pendant le tournage. Vincent Lindon est d'ailleurs intense. Passant à la fois d'un personnage passif à une bombe à retardement que personne ne soupçonnait. Son regard en dit beaucoup sur les remords, la colère, la tristesse (la scène ou dans la pénombre il observe une famille vivant en face de son appartement) de Simon. A contrario, Gilles Lellouche est plus excentrique mais tout aussi attachant. On apprend dans la première partie du film le quotidien des 2 hommes.

 

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A ce sujet chapeau sur le scénario (ex. la scène d'infiltration dans la boite de nuit ou les poursuivants deviennent poursuivis lors d'une échappée) : comme la scène ou Mc Clane doit sauter du Nakatomi pour sauver sa peau.

Puis une fin émouvante qui se termine comme un western, on ne peut qu'aimer ce film.
Monstrueux travail sur les effets sonores et la BO surprenante de Cliff Martinez.

 

En traitant de manière frontale, sans ironie mais directe, MEA CULPA est surtout un grand film. Amitié, rédemption, famille, voilà les thèmes traités.

Tu ressors de la salle tout chétif mais heureux d'avoir vu un film d'action français direct qui utilise à merveille ses décors (raaah le TGV) et t'émeut beaucoup. Et le méchant est flippant.

 

Merci M. Cavayé.

 

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Avant première du film au cinéma Pathé Beaugrenelle le 4 février. Merci pour leur présence et leur propos pertinents. ^^

 

 

 

 

 

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Published by Oreo33
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commentaires

Mr Vladdy 10/02/2014 00:06

Déjà ? ^^

Vu aujourd'hui, j'ai beaucoup aimé. Un bon polar à la française classe et efficace comme je les aimes. Un film qui démontre qu'en France aussi on sais faire des bons films et tant pis pour ceux qui
crachent dans la soupe. Il y à bien sûr quelques facilités (un tgv qui écrase quelqu'un mais qui continue sa route, une course poursuite dans les halles où tout le monde se retrouve très
facilement, des persos qui semble souffrir mais parfois surhumains etc etc) mais c'est bien fun.

4/5 pour moi ;)

Oreo33 17/02/2014 20:06



Salut Vlad,


Tu as raison et c'est pour cela qu'il faut le soutenir. Pour les facilités, elle ne sont pas gênantes. La course poursuite dans les Halles a quand même son lot de rebondissements. C'est un
endroit petit aussi. Pour le tgv et les persos surhumains, c'est une approche voulue par Fred Cavayé et son scénariste Guillaime Lemans ainsi que les acteurs : la " réalité+1"


Liens : interviews du réalisteur et du scénariste.


http://www.capturemag.net/sur-ecoute/action-et-verite/


http://www.capturemag.net/sur-ecoute/en-francais-dans-le-texte/



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