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15 juin 2008 7 15 /06 /juin /2008 22:05

J’avoue j’étais impatient de découvrir ce film sur grand écran. MEMOIRES DE NOS PERES qui s’interrogeait sur l’héroïsme et le patriotisme des marines et de la nation est un superbe film. Pour LETTRES D’IWO JIMA Clint Eastwood s’attache au point de vue japonais par le biais des soldats des officiers et des généraux présents à cette bataille.

Résumé

Début 1945, dépêché par l’Etat-major japonais le général Kuribayashi (Ken Watanabe) débarque sur l’île d’Iwo Jima pour défendre l’île face aux forces US. Saigo (Kazunari Ninomiya) un jeune soldat est présent sur cette île. La plupart de ces soldats et officiers écrivent des lettres à leur familles (épouses, mères, enfants) afin de leur donner des nouvelles. Malheureusement Iwo Jima se retrouve complètement isolé à cause des défaites des Iles Mariannes (la marine japonaise et l’aviation sont pratiquement anéanti) et de la perte d’îles comme Saipan. Les japonais présents sur cette île comprennent au fur et à mesure de cette bataille qu’ils ont peu de chance de retourner chez eux.

La stratégie japonaise

Le Général Kuribayashi comprend rapidement que l’île sera difficilement tenable compte tenu du manque de soutien logistique (munitions, hommes, aviation, canons et tanks). Mais néanmoins il décidera d’opter pour une stratégie différente de celles des tranchées. Il avait étudié le débarquement en Normandie et savait qu’un envoi de forces massives sur les plages pourrait difficilement être stoppées. Pour cela il se concentra sur la structure de l’île. Il demanda à ses officiers de reculer les troupes vers les terres et qu’elles creusent des galeries et des tunnels dans les monts. Ce qui permettrait aux japonais de limiter les pertes en combattant cachés dans les roches et en tentant des embuscades. Le réseau souterrain impressionnant comportait 1500 galeries connectées entre elles par un réseau de 25 kilomètres.
De plus le général avait bien averti ses soldats qu’il n’y aurait pas de survivants. Ajouté à cela un sens de l’honneur : 1 japonais tué pour 10 marines tués.
Enfin il savait pertinemment que cette île serait vitale aux bombardiers B29 compte tenu de sa position. Le but était de gagner du temps pour contrer l’invasion US sur le sol japonaise.
Or on le sait la résistance japonaise fût très intense. N’oublions pas aussi la propagande de l’empire japonais qui décrivait les américains comme des diables et des êtres mauvais.
Cette stratégie suicidaire comme un sacrifice, le général Kuribayashi le savait et ne l’avait pas caché à ses soldats. « Si les pertes US étaient élevées Washington y réfléchirait à 2 fois avant d’envahir le Japon. » dit-il.
L’invasion US commença par des bombardements aériens puis navals. Puis les marines débarquèrent et au pris de longs combats ils prirent le Mont Suribachi ou fût planté le drapeau US. Mais il restait encore beaucoup de résistance japonaise sur l’île malgré sa petite taille (1/3 de Manhattan). Les marines durent avancer prudemment en s’aidant des grenades, chars et lances-flammes. Mais après 36 jours de combats l’île fut conquise entièrement aux prix de lourdes pertes surtout japonaises.

Le général et le soldat

Mais revenons au film LETTES D’IWO JIMA. C. Eastwood nous décrit le quotidien des japonais présents sur cette île. Pour cela il choisit de s’intéresser à Saigo et au general Kuribayashi. Malgré leur différence de rang social et militaire les 2 hommes semblent avoir un point commun. Tout d’abord ils écrivent et pensent à leur familles (épouses et enfants). Ensuite de nombreux flash-backs sont intégrées pendant les scènes « calmes » permettant de voir le séjour du général aux USA avant-guerre et Saigo avec sa femme juste avant qu’il soit enrôlé.
Au fur et à mesure du film les 2 hommes vont finir par se rapprocher géographiquement et surtout intimement. Le général faisant confiance à Saigo en le traitant bien contrairement à certains officiers (le capitaine qui fait creuser les tranchées au début et celui qui ordonne à ses hommes de se suicider). On voit aussi que le général sauve Saigo plusieurs fois (le traitement du capitaine, un officier voulant décapiter Saigo et un des soldats survivant du Mont Suribachi et puis à la fin quand ils se retrouvent dans un bunker). Cette attitude noble et différente des autres officiers plus traditionnels et aveuglés par la propagande permet au général de traiter avec respect ses soldats. Ce qu’on verra aussi avec le colonel Ishi (bilingue lui aussi et proche du général). Ce dernier fait preuve de beaucoup de compassion et de respect même quand un jeune marine US est fait prisonnier. A la différence d’un autre prisonnier capturé et torturé par un autre officier. Le colonel Ishi semble se démarquer des autre officiers et des soldats par son passé sportif mais aussi son humanité. Il parle en anglais avec le prisonnier US et dans un scène très touchante traduit la lettre que la mère du jeune marine avait avec lui. Cette lecture permet de comprendre que les japonais sont comme les américains. Ils aspirent à rentrer chez eux et reprendre leur vie. Cette lettre est aussi celles qu’ils attendent tous leur permettant d’avoir un espoir et un moment de calme : ils se relèvent comme si cette lecture était une prière.

 

 

Autre personnage intéressant c’est le jeune soldat Shimizu. Ecarté de la section en raison de son ancien travail : police militaire ; cet homme idéaliste et aveugle changera puis comprendra lui aussi qu’il a peu de chance de s’en tirer. Tout d’abord quand il ne se dégoupille pas une grenade sur lui comme Saigo et puis quand il s’aperçoit que l’île bientôt conquise ne laissera que peu de prisonniers japonais. Avec un des soldats il décide de se rendre à une unité américaine. Mais cet acte sera vain puisqu’il sera exécuté par un marine ne voulant pas le surveiller. Sa perte attristera Saigo qui s’était rapprocher de lui quand Shimizu lui avait confié ses débuts dans la police militaire.
Saigo justement sait pertinemment que les lettres écrites ne doivent pas être détruites et c’est pour cela qu’il prend la décision de les cacher pour ne pas oublier mais surtout pour dire que tous ces soldats ne sont pas morts en vain. Ils se battaient pour leur pays mais surtout pour leur familles.
Un point fort du film est aussi l’incroyable photographie (proche du noir et blanc) pour les scènes de jour et les scènes nocturnes et se déroulant dans les cavernes.

Une vision neutre

Avec MEMOIRES DE NOS PERES C. Eastwood et son équipe proposait un point de vue entièrement US. Si bien que les japonais ne sont pratiquement jamais montrés. On voit presque un ennemi déshumanisé. Dans LETTRES D’IWO JIMA c’est le contraire qui se produit et l’on voit à quelques reprises des marines (le jeune marine US prisonnier et soigné, le marine torturé, la section qui capture Shimizu et un soldat et puis à la fin quand on voit Saigo rare survivant qui sera capturé puis soigné par les marines). Pendant le film le réal et son directeur de le photographie ont insisté en montrant davantage les visages japonais sous la lumière des lampes ou naturelles. Au contraire des marines qui semblent presque déshumanisés (on voit rarement leur visage sauf à la fin).
Le cinéaste n’oublie pas de faire le lien avec MEMOIRES DE NOS PERES grâce aux scènes clés comme le débarquement, le drapeau, les embuscades de nuit. Avec ces 2 films, il livre une œuvre complète sur cette bataille et rend clairement hommage aux soldats US et japonais. La musique aussi très douce de K. Eastwood apparaît de manière répétitive jusqu'à ce qu’elle se dévoile à la fin du film comme un signe de paix. L’image finale (un plan pris de la plage vers le Mont Suribachi) veut tout dire et comme dans certains moments du film « un long silence vaut mieux qu’un long discours. Une manière pour le cinéaste de conclure son œuvre sur la bataille d’Iwo Jima.

 

 

En conclusion LETTRES D’IWO JIMA complète parfaitement MEMOIRES DE NOS PERES en adoptant un point de vue double et permettant de voir les américains et les japonais d’égal à égal. Malgré le fait qu’ils soient ennemis je pense que le cinéaste a bien sûr montrer son dégoût pour cette guerre interminable mais surtout le fait que les 2 camps au travers de cette bataille ont eu des valeurs communes comme le sacrifice et le patriotisme.

Ah oui méga oubli le film est scénarisé par Paul Haggis et Iris Yamashita et inspiré de LETTERS FROM COMMANDER IN CHIEF d’après les lettres du général Kuribayashi.

Trailer


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Published by Oreo33
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