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15 juin 2008 7 15 /06 /juin /2008 21:59





L’association Clint Eastwood / Steven Spielberg ne pouvait donner que du bon. 2 cinéastes doués pour frapper au cœur. Mais à la différence de S. Spielberg Clint nous sert une reconstitution de l’époque pour comprendre et interpréter avec le recul un symbole de la WW2.

Résumé

19 février 1945 des milliers de marines débarquent sur l’île japonaise d’Iwo Jima. Face à des combattants opposés à la réédition, les forces aéronavales ont pilonné cette île pendant de nombreux jours. Symbole pour les japonais dans un conflit qui semble interminable, les troupes US débarquent tant bien que mal sur cet île austère et volcanique avec en 1er objectif de prendre le mont Suribachi sur la partie Sud de l’île. Après 5 jours de combats interminables les alliés parviennent à prendre ce Mont et à planter le drapeau US au sommet. Le film se base sur l’histoire des survivants qui ont planté ce drapeau devenu symbole d’espoir pour les USA.

Génèse

MEMOIRES DE NOS PERES est une adaptation du roman « Flags of our Fathers : Heroes of Iwo Jima » de John Bradley ; fils de John « doc » Bradley qui a planté le second drapeau. Ce livre fût un grand succès. Intéressé par ce livre Clint Eastwood s’aperçu que les droits appartenaient à Steven Spielberg. Ce dernier laissa à Clint la réalisation et lui le produirait avec sa société Dreamworks. Mais les 2 hommes n’en sont pas à leur première collaboration producteur / réalisateur puisqu’en 1995 Clint réalisa SUR LA ROUTE DE MADISON. A noter que le scénario a été écrit par Paul Haggis (responsable de MILLION DOLLAR BABY) et William Boyles Jr (JARHEAD)

La reconstitution

En pleine préparation de son film en avril 2005 le réalisateur visita l’île d’Iwo Jima afin de s’imprégner et de voir à quoi ressemblait cette île. Mais il lui parût difficile de tourner sur les lieux mêmes de cette bataille. Il choisit avec son équipe de tourner en Islande près de la capitale Reykjavik qui ressemble beaucoup à l’île volcanique d’Iwo Jima. Il s’entoura de son équipe habituelle avec le producteur Robert Lorenz, Michael Owens responsable des FX et réal. de seconde équipe, Tom Stern directeur de la photographie, la chef costumière Deborah Hopper, le chef monteur Joel Cox, le responsable artistique Henry Bumstead et Phyllis Huffman directrice de casting. Pour les scènes « calmes » aux USA l’équipe se déplacera dans tous les Etats-Unis à Los Angeles, Arlington (connu pour son cimetière), Chicago (on voit le mythique Drake Hotel) et Houston. Quelques plans seront tournés sur Iwo Jima (plan final avec le cérémonial).

Sur le tournage de la bataille magnifiquement reconstitué (comparez les photos et vous verrez) le réal utilisera la même astuce que Steven Spielberg sur le soldat Ryan ; il ne prévint pas les acteurs du lieu de l’explosion ce qui donna un effet de surprise et de réaction efficace.

Des vétérans des films de bataille

Le casting comporte bcp d’acteurs ayant déjà fait leur armes sur plusieurs films de batailles (WW1, WW2, Vietnam). Tout dabord Barry Pepper présent dans IL FAUT SAUVER LE SOLDAT RYAN, NOUS ETIONS SOLDATS ; Adam Beach présent sur le WINDTALKERS de John Woo interprète aussi un indien, Jamie Bell soldat dans LA TRANCHE, Neal McDonough sergent dans la Easy Company dans BAND OF BROTHERS. Le reste du casting comporte des acteurs comme Jesse Bradford (un des perso principaux), Paul Walker, Robert Patrick ; David Patrick Kelly…

La bataille d’Iwo Jima

Petite parenthèse pour parler de cette bataille opposant les forces US et japonaises. En même temps bcp de batailles de la WW2 sont célèbres et ont été portées à l’écran par des cinéastes US, anglais, français, allemands, russes sous l’angle de la comédie, de la reconstitution pure, sous un aspect réaliste, comme LE JOUR LE PLUS LONG, UN PONT TROP LOIN, LA BATAILLE DES ARDENNES,AU DELA DE LA GLOIRE IWO JIMA, STALINGRAD (le film français et allemand) ou des films de commandos LES DOUZE SALOPARDS,…
Mais la liste serait longue (ohm tu nous prépares un dossier ?). D’ailleurs pendant les décennies ces films montrés surtout une aspect stratégique (surtout pour LE JOUR LE PLUS LONG) ou chaque star faisait son apparition (encore LE JOUR LE PLUS LONG). Certes ils étaient plein de charisme et avec tous ces noms sur une affiche ça laissait rêveur. Mais d’un point de vue dramatique et réaliste il faudra attendre que les producteurs surtout US ne servent plus de propagande à l’armée en montrant des défaites et le côté gris des forces US (il y a sûrement eu des bavures et l’ennemi n’était pas tjs plus méchant que le gentil). Et c’est justement cette vision unique qui a du faire défaut à force de montrer le héros US militaire parfait. Heureusement AU DELA DE LA GLOIRE de Samuel Fuller changera la donne tout en respectant d’après le réalisateur la mémoire des vétérans en montrant cette dure réalité (boyaux, cri, la peur, …). Mais il faudra surtout attendre l’année 1998 avec la sortie de RYAN de Steven Spielberg, LA LIGNE ROUGE de Terence Malick pour montrer si je puis dire l’envers du décor. Des faits certes pas politiquement corrects mais réalistes d’après les témoignages des vétérans et sûrement un public prêt à voir ces images. D’autres cinéastes continueront sur cette lancée ouvert par Steven Spielberg avec STALINGRAD de J-J Annaud sorti en 2001, WINDTALKERS de John Woo sorti en 2002 qui montre la bataille de Saipan en 1943 en mettant en avant les code talkers navajos et surtout la série BAND OF BROTHERS sortie en 2001 et co-produit par Steven Spielberg et Tom Hanks. Bien sûr ce côté réaliste et dur connaîtra son heure de gloire sur jeux vidéo MEDAL OF HONOR, CALL OF DUTY…

 

 

Mais revenons sur la bataille d’Iwo Jima. L’avantage a changé en 1943 pour les alliés leur permettant de passer à la contre offensive après les coups d’arrêts des conquêtes allemandes, italiennes, japonaises. En fait les américains vont davantage s’occuper de reconquérir les nombreuses îles du Pacifique, les britanniques, chinois, français puis russes s’occuperont du continent asiatique.
L’état major US utilisera la technique de saut de moutons afin de reprendre chaque île aux japonais. Une île conquise devenant ainsi un avant-poste stratégique pour un piste d’aviation par exemple. C’est justement ce que décident les dirigeants. Iwo Jima devra devenir un terrain d’aviation pour les bombardiers B 29. Mais il reste un grand problème l’île est japonaise et l’ennemi réputé pour sa résistance ne la laissera pas facilement. Les dirigeants de l’armé nippone basée sur l’île imposèrent au soldats japonais 1 tué pour 10 morts américains. Ajoutez à cela un sens de l’honneur qui devenait presque une religion (kamikaze, interdiction de se rendre) et vous voyez dans quelle situation se retrouvait les Marines US. De plus la guerre semblait interminable et les dirigeants se demandaient si un débarquement au Japon avec la prise de Tokyo serait une bonne idée.
Sur Iwo Jima donc l’armée US prévoit un bombardement aérien et navale avant le débarquement. Le 1er objectif de ce débarquement est de s’emparer du Mont Suribachi au Sud de l’île qui offre une bonne défense aux défenseurs japonais grâce aux souterrains et aux pièges.
Le 19 février les marines débarquent sur l’île après un bombardement de 3 jours. Mais les japonais massivement cachés dans les grottes, souterrains et sur le Mont Suribachi donnent du fil à retordre au Marines. Mais les Marines parviennent à occuper le Mont Suribachi le 23 février 1945. C’est ce jour là qu’ils planteront le(s) drapeaux US. C’est à ce moment que sera prise la célèbre photo.
La conquête de l’île durera plus d’un mois au prix de lourdes pertes pour les 2 camps :
- 21 000 morts sur 22 000 japonais
- 7000 morts sur 70 000 américains

Il y aura beaucoup de médailles d’honneur offerts aux combattants d’Iwo Jima. Cette bataille deviendra encore plus célèbre par la suite avec le film du même nom avec John Wayne sorti 4 ans seulement après cette bataille. Mais la photo servira à redresser le moral des troupes et des citoyens US en leur faisant acheter des bons de trésor afin de financer la guerre.

La mémoire et la réflexion

Au sommet du mont Suribachi 2 drapeaux ont été plantés le 23 février 1945. Le 1er de petite taille par Hank Hensen, John Bradley, Phil Ward, Jim Michaels et Chuck Lindberg. Un colonel souhaitant garder ce drapeau comme souvenir de guerre demandera à ses gradés de planter un autre drapeau. C’est le Sergent Mickael Strank (Barry Pepper) et son escouade Ira Hayes (Adam Beach), Franklin Sousley (Joseph Cross), John Bradley (Ryan Philippe), Harlon Block (Benjamin Walker) et Rene Gagnon (Jesse Bradford) qui le plantèrent. On voit aussi d’autres soldats de l’escouade Ralph Ignatowski (Jamie Bell) et Hank Hensen (Paul Walker).

 

 

Dans MEMOIRES DE NOS PERES, Clint Eastwood se démarque des autres films de bataille en utilisant 3 points de vue : celui du fils de John Bradley (actuel dans les 80’s ou 90’s), la bataille d’Iwo Jima (préparatifs sur le bateau, débarquement, combats de nuit) puis le retour des 3 survivants John Bradley, Ira Kayes, Rene Gagnon et leur tournée aux US. Et pourtant au début j’avais peur de retrouver la même structure que RYAN avec un homme âgé se remémorant le passé et ses camarades. Au contraire le réalisateur préfère opter dabord par un flask back pendant la bataille d’Iwo Jima montrant John Bradley secourir un soldat pendant la nuit. En revenant dans sa tranché il s’apercevra que son compagnon Ralph Ignatowski ne sera pas là. Paf on se retrouve avec un homme âgé décrivant sa vision de la guerre (ça en balance plein sur ceux qui n’ont jamais été à la guerre et qui croit la connaître). Dans son enquête le fils de John Bradley tente de comprendre pourquoi son père ne lui jamais parlé de cette période, de sa tournée aux USA. En quoi sa célébrité et le fait d’être considéré comme un héros le gênait ? De son vivant son père ne lui a jamais dit. Son fils décide donc d’intérroger des vétérans ayant connu son père sur le front.

En fait le film s’interroge sur le sens d’un héros. La difficulté pour les 3 survivants de vivre une popularité alors que leur frères d’armes sont morts. En quoi sont-ils plus importants ou meilleurs qu’eux ?
C’est lors de leur retour aux Etats-Unis que les 3 survivants seront « engagés » en tant que « commercial » pour convaincre les citoyens US d’acheter des bons de trésor. La photo de Joe Rosenthal quant à elle deviendra un symbole d’espoir, de courage et d’héroïsme. En pleine action on voit des soldats plantés péniblement un drapeau US sur le haut d’une montagne, signe que tout n’est pas perdu. Et cette affiche sera utilisée par le gouvernement US en guise de propagande.
Dans sa réalisation Clint nous montre la pensée de ses 3 survivants. Chacun le vivant différemment. Ira (alcoolique ne se sent pas du tout à sa place, il ne veut pas qu’on appelle héros, il pleurera lors d’une réception dans les bras d’une mère d’un soldat qu’il a connu), Rene (tente de se faire des contacts et profiter de sa popularité avec sa compagne, c’est un portrait assez ambigu parce qu’il semble manquer d’empathie), John (est sans doute le plus introverti mais il semble se trouver entre les 2 personnalités de ses compagnons). Mais tous ne semblent pas fiers de représenter ces héros aux yeux de l’opinion américaine. Ils sont traités comme des stars et participent même à une reconstitution rappelant le champ de bataille.

 

 

En résumé le cinéaste se questionne sur le sens d’une photo en montrant les soldats qui ont planté ce drapeau et la signifiaction d’un héros. C’est l’envers du décor qui est ici démontré avec la reconstitution d’une époque. D’ailleurs les principaux acteurs s’en tirent très bien surtout Adam Beach plus nuancé que dans WINDALKERS. La bataille d’Iwo Jima n’est que la patrie émergée de l’iceberg du film. Que dire justement de cette bataille filmé en plans moyens, steady-cam, à l’épaule et dans un cockpit d’avion. Elles sont vraiment intensives et bien reconstituées (quels décors !). Un magnifique plan mais douloureux (moins on n’en montre mieux c’est) c’est John Bradley qui entre dans une maison et trouve son camarade Ralph Ignatowski torturé à mort (une superbe photographie comme celle de l’affiche). Et mention spéciale pour la musique (douce et triste : accords de guitare et piano).
Clint Eastwood film son sujet avec pudeur et honnêteté en faisant un film patriotique (mais pas gonflant) et en soutenant la mémoire des combattants (générique de fin ou sont montrés des photos des vrais soldats et de combats et mémorial sur l’île). Mais ou s’arrêtera-t-il ?

Prochaine mission découvrir l’Iwo Jima avec John Wayne, lire le livre et revoir ce film.

 

Sources

Allociné
www.iwojima.com

Trailer

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Published by Oreo33
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commentaires

Jacky Cheung 20/06/2008 13:09

Deux films qu'il faut que je vois.

Oreo33 12/07/2013 19:59



Oh oui ! Fonce !



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