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14 juin 2008 6 14 /06 /juin /2008 14:49



Comment traiter de l’occupation allemande en France ? Sujet sensible car pleins de points de vues différents. C’est ce que choisit le cinéaste Claude Autant Lara dans ce film. LA TRAVERSEE DE PARIS est l’adaptation d’une des nouvelles du romancier Marcel Aymé publiée en 1947 dans le recueil « Le vin de Paris ». L’occupation justement fût traitée par des cinéastes français sur les thèmes de la résistance : L’ARMEE DES OMBRES, PARIS BRULE-T-IL ? (pas vu), puis il y a d’autres films comme LE DERNIER METRO, LA GRANDE VADROUILLE dans un autre registre (liste longue) ... Mais revenons au film de C. A. Lara. Le thème du film traite d’un passé réaliste comme dans toute guerre ; le marché noir. L’occasion pour nous de bûcher nos bouquins d’histoire. LA TRAVERSEE DE PARIS est pourtant un film très drôle grâce au jeu des comédiens et un scénario béton permettant de livrer un portrait qui semble réaliste sans pudeur. Le réalisateur dira d’ailleurs sur le film : « Je voulais démontrer que cette période a été fascinante car elle a été une sorte de révélateur de la lâcheté et de l’égoïsme de certains humains. »

Résumé

Paris, 1943 Marcel Martin (Bourvil) est un ancien chauffeur de taxi qui travaille maintenant pour des clients utilisant le marché noir. Son boulot consiste à livrer des marchandises surtout des aliments. Son complice Léthambo se fait piquer par la police. Malgré tout il doit livrer su cochon ce soir. C’est dans un brasserie qu’il rencontre Grandgil, un peintre vivant bien (Jean Gabin) et le convaint de l’aider à livrer le cochon ce soir. Pour cela ils se rendent chez l’épicier Jambier (Louis de Funés). Une traversée de Paris dangereuse. Ils doivent se rendre de la rue Poliveau à la rue Lepic.

Ce film qui est une comédie dramatique permet de découvrir cette période peu glorieuse et encore pleine de tabous de l’époque. Et c’était un pari risqué de sortir ce film plus de 10 ans après la libération de la France. Heureusement le film aborde surtout plusieurs aspects de l’occupation sous un angle cynique et humoristique.

Les 2 personnages principaux sont totalement différents. Martin est un homme peureux, qui prend des risques pour les autres, mais c’est un diplomate et un homme charmant. L’inconvénient c’est qu’il est prisonnier du système du marché noir. A l’inverse Grandgil porte un regard cynique et critique sur le marché noir et sur l’occupation quand il fait cracher à Jambier les 2000 F (dans l’une des scènes les plus drôles), il est brutal aussi. Néanmoins les 2 hommes qui ont du mal à s’entendre au début forment un tandem redoutable afin d’échapper aux contrôles. Pendant l’une des scènes Grandgil parle allemand afin de se débarrasser de 2 policier en vélo. Ils se font interpellés par un policier qui avait remarqués leur démarche mais surtout des chiens qui les suivaient. Martin commence à embobiner le policier mais alors que ce dernier demande les papiers à Grandgil il l’assomme.

 

 

Le thème du film le marché noir permet aussi de dresser un portrait de cette période. On assiste au rationnement (une boulangerie en rupture de stock), les couvre feu, les abris, les risques de bombardements, les patrouilles allemandes. A cela s’ajoute les prostitués, les gendarmes, l’entraide d’une femme qui cache Martin et Grandgil croyant que ce sont des parachutés., les anciens combattants, le risque de STO… C’est bien simple on découvre la vie quotidienne sous l’occupation dans une grande ville. Chacun essayant de vivre sa vie en survivant comme il peut. Une des scènes dans le bar au début montre des personnes regrettant de ne pas manger des rognons de porc. Un privilège qui profite aux 2 compères qui ne se soucient guère des autres clients. Cette faible différence entre les riches et les pauvres est aussi démontré par Grandgil qui n’hésite pas à critiquer quand Martin lui demande pourquoi il a décidé de le suivre. Ce dernier lui répond « t’as vu jusqu’ou on peut aller en temps d’occupation ? T’as vu ce qu’on peut se permettre avec ces foireux là ? Aussi bien les riches comme Jambier qui se déculottent pour qu’on les dénonce pas qu’avec les pauvres qui se déculottent eux aussi. Alors eux on se demande bien pourquoi ? C’est probablement que c’est la mode en ce moment de se déculotter. » Dans son discours cela démontre bien la peur de se faire piquer par les allemands mais aussi l’absurdité de la guerre.

Désabusés et en ayant marre (ils hurlent devant la fenêtre du boucher Marchando) de marcher les 2 hommes se feront arrêter par une patrouille allemande devant la maison du boucher. Cette scène illustre parfaitement le point de vue de Marchandot et de se femme. La caméra n’est plus à l’extérieur mais à l’intérieur de la maison. Ce n’est que l’éclairage et le son qui permet de suivre cette scène parfaitement photographiée qui ressemble à un spectacle malheureux d’ombres chinoises.

Spoilers
Heureusement le film se termine bien. Grandgil se fait libérer par les allemands grâce à sa renommé mais Martin est emmené on ne sait ou. Puis juste à la fin les 2 hommes se revoit sur le quai de la gare après la libération de la France.
Fin des spoilers

Dialogues

- T’en ferais pas autant toi ?
- Seulement moi je demande pas la charité je l’a fais.

- Ah il se croyait malin Léthambo. Ca a pas traîné l’autre l’a embarqué tout de suite.
- Hé ben quoi ? La police c’est la police. Ils font leur métier.
- Allons Dédé reste tranquille.
- Un sale métier.
- Et le marché noir aussi alors ? C’est pas une honte ?
- S’il y en avait pas de marché noir, avec quoi tu te laverais ?
- J’me lave pas Madame depuis que la France a été vaincue. Et si personne se lavait la France serait plus propre.

- 2 bouillants. Il fait pas chaud, hein ?
- Il fait plus chaud au poste ?
- On te demande rien toi ? Tu veux y aller voir ?
- Oh je connais…
- Montre un peu tes mains. C’est pas du charbon ça ?
- Oh y’a un peu de tout.

- 50 ans chacun. 100 ans pour le lot. 100 ans de conneries !

- Mauvais français !

- Vous avez du feu ?
- Vous voyez bien qu’on pas de main.
- Saleté d’occupation, va !

 

 

Le collector (mais celui du bar est pas mal aussi)

- oh !
- Qu’est-ce qu’il y a encore ?
- Rien mais c’est plus lourd que je ne pensais. Je crois qu’il va me falloir 2000 F de plus.
- C’est sérieux ?

- Comment si c’est sérieux !
- RIEN DU TOUT, VOUS M’ENTENDEZ RIEN DU TOUT !
- JE VEUX 2000 F NOM DE DIEU JAMBIER ! JAMBIER 2000 F !
- RIEN DU TOUT !
- Je lui casse la gueule !
- JAMBIER JE VEUX 2000 F ! JAMBIER 45 RUE POLIVEAU !
- OUI OUI ON LE SAIT ! PLUS UN FRANC, PLUS UN SOU !
- Mais laissez-moi le descendre !
- JAMBIER, JAMBIER, JAMBIER, JAMBIER !

LA TRAVERSEE DE PARIS est un film qui ne vieillit pas. Tout simplement grâce au charisme des comédiens, aux dialogues hilarants et l’envie de montrer une période que des personnes souhaiterait oublié ; c’est une comédie dramatique satirique. Un classique. A noter que ce film a fait 4 millions d’entrées lors de sa sortie en France en 1956, Bourvil a gagné le prix d’interprétation masculine au Festival de Venise. Il permit aussi à Bourvil de se faire connaître tout comme Louis de Funés. Le choix de Bourvil fût désapprouvé par les producteurs et l’auteur. Le budget sera diminué, et la durée du film raccourci. De plus le film sera tourné en noir et blanc. Le réalisateur en profitera pour proposé la version couleur qui permet d’illustrer cette période sombre. Perso je trouve que même en noir et blanc la photographie est très réussie surtout pour les extérieurs illuminés par les lampadaires. Les passant devenant quasiment des ombres. Le film aussi montre un certain optimisme puisqu’au début on voit les allemands défilés sur Paris et qu’a la fin ce sont les alliés.

 

Extrait dans le café

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Published by Oreo33
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