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13 juin 2008 5 13 /06 /juin /2008 15:26

 évoquant la terrible journée du "dimanche sanglant" le cinéaste Paul Grengrass réouvre les plaies mal cicatrisées de cette journée qui marque le début de la guerre civile en Irlande du Nord.

Filmé comme un reportage d'époque avec les techniques documentaires (caméra à l'épaule, pas d'éclairage, grain, zooms), le réalisateur apporte un regard objectif et neuf sur cette journée. La caméra est présente avec tous les acteurs concernés.

Petit résumé pris sur la jaquette du DVD:

30 janvier 1972 Dans les rues de Derry, jour qui marqua le début de la guerre civile en Irlande du Nord. Ivan Cooper est un dirigeant des droits civiques et un protestant dans le camp des catholiques. Ce jour-là, il chante à la tête d'une marche pacifique "We shall overcome", l'hymne de Martin Luther King, lorsque l'armée britannique ouvre le feu, tuant 13 personnes.

La situation déjà tendue explosera et cette journée sanglante (13 morts et 13 bléssés); permettra à l'IRA de "justifier sa cause et ses actes".

Mais revenons au film. En fait, il était important pour le cinéaste et les familles des victimes de revenir sur cet évènement. D'une part pour rendre hommage et d'autre part rétablir la vérité des actes commis. Il faut avouer que la réalisation documentaire (Paul Grengrass est un acien reporter) se démarque des docus-fictions. On est présent sur les lieux. La caméra filme comme un reportage mais s'efface comme dans un film laissant au spectateur un sentiment de gêne du au vécu (nous sommes les témoins silencieux).
On ressent la tension parcequ'on connait la tragédie mais on ne connait pas les circonstances de l'époque (pour les jeunes spectateurs comme moi je pense). En fait le spectateur peut se faire un point de vue grâce à la mise en scène.
Cette mise en scène utilise aussi la technique documentaire de la confrontation indirecte des acteurs principaux et secondaires.
Ainsi au début du film Ivan Cooper et le général Ford arrive dans leur QG pour une conférence de presse. Derrière Le leader des droits civiques une banderole est accrochée (Comité pour les droits civiques de Derry). Derrière le militaire on voit une carte.
On voit bien à ce moment-là que les 2 leaders ont un point de vue opposé. Chaque arguement prononcé par l'un est réfuté par l'autre. Cette conférence de presse se tranforme peu à peu en débat dont les médias se font les portes paroles si l'on peut dire.

Ex.
Ivan Cooper :
"Nous disons donc au gouvernement britannique : nous défilerons pacifiquement dimanche.
Nous marcherons encore et encore, jusqu'a que l'unionisme soit broyé en Ulster et qu'un système respectueux des droits de tous soit mis en place".

Général Ford :
"Je m'adresse au Comité pour les droits civiques. La responsablité de toute violence qui pourrait éclater reposera de fait exclusivement sur vous".

Ce dialogue de sourd si on peut dire montrera et c'est ce qu'on voit dans le reste du film que les personnages ne se comprennent pas. La confrontation était-elle inévitable ? Les acteurs campent sur leur position : d'une part veut des résultats en arrêtant les hooligans et d'autre part les organisateurs de la marche veulent une meilleure égalité et un respect des droits de l'homme. Je pense que dans ce film on sent que les 2 côtés que la stratégie employée est proche d'un conflit. Mais dans ce cas qu'elle aurait été la solution à cette situation ?

La panique, la confusion, le nombre, la sourde-oreille... amèneront le bataillon de parachutistes de la 1ère armée à commettre une tuerie faisant de ce dimanche 30 janvier le "Bloody Sunday".
En conclusion de ces évènements l'armée s'en tire avec les honneurs (pas d'inculpation suite à l'enquète dirigée par le chef de la Cour Suprême de Grande-Bretagne le 18 avril 1972) et le mouvement des droits civiques est dissout. La lueur d'espoir pour la paix semblait révolu.
En apportant un regard neuf sur cette journée le réalisateur et son équipe ont refait l'histoire en apportant je suppose la réalité des faits de cette journée.

La fin du film fera le parralèlle entre la fiction et la réalité avec les conséquences et la musique live de "Sunday Bloody Sunday" de U2. Cette musique (une des plus célèbres du groupe) mettra en évidence la tragédie pour sa durée.

Dans le film de Paul Greengrass le devoir de journaliste d'informer se transforme en devoir de mémoire.
Un grand film. A regarder en VO.






Réalisé par Pete Travis en 2004 ce film relate l'explosion qui survint dans la ville D'Omagh en Irlande du Nord tuant 29 personnes et blessant 250 personnes.

Cet événement est très récent (15 aout 1998) et on comprend la difficulté de filmer cet évènement. Comme pour son grand-frère "Bloody Sunday" ce film est filmé comme un documentaire mais reconstitué.
Ce film raconte "le combat pour la vérité et contre l'impunité mené par les familles des victimes".

Nous suivons le parcours de M. Gallagher dont le fils a été tué dans cet attentat; incarné par Gerard Mc Sorley (natif d'Omagh). L'acteur incarnait le chef de la police de Derry dans "Bloody Sunday". Tout comme deux autres acteurs : Kathy Kiera Clarke qui jouait le rôle de Frances et Gerard Crossman qui interprétait Eamonn Mc Cann.

M. Gallagher tente de traduire en justice les resposables de cet attentat survenue qaund le processus de paix faisait un pas. Grâce à la réalisation discrète mais proche à la fois j'ai été ému, puis choqué par cette tragédie. En effet le chagrin des familles et des proches des victimes est mis en image sans tricherie (si je puis dire). Mais on apprend surtout l'incapacité voir la complicité passive des forces de l'ordre et la langue de bois (promesses pas tenues) des politiciens (Gerry Adams et Tony Blair entre autre en prennent pour leur grade).

Pour conclure je citerais la phrase finale de Ivan Cooper dans "Bloody Sunday" qui malheureusement fait le lien entre ces 2 tragédies:
"Vous avez déclenché un ouragan".

A noter que Jim Sheridan d'origine irlandaise est un des producteurs de "Bloody Sunday" et que Paul Grengrass a écrit et produit "Omagh". Ce sont des productions irlandaises et britanniques. Dans Bloody Sunday à la 11'34 on voit sur le mur d'un cinéma que le film "Sunday Bloody Sunday" est diffusé.

 

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